Op-ed DRC FR 2025

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La création de la plus grande réserve de forêt tropicale de la planète comme instrument de paix et de développement.Annual Meeting 2025 DAVOS-KLOSTERS, SWITZERLAND 20-24 JANUARY Par President Tshisekedi of the DRC et Professor Klaus Schwab La République démocratique du Congo est exceptionnellement riche en ressources naturelles. C’est l’un des dix pays les plus riches en biodiversité au monde. Pourtant, elle est l’archétype de ce que l’on appelle la malédiction des ressources : exploitée pendant des siècles par des puissances et des entreprises étrangères pour sa richesse en minerais, dont beaucoup sont aujourd’hui très demandés en tant qu’éléments essentiels de la transition énergétique mondiale. Si les richesses minières de la RDC sont bien connues, c’est une autre de ses richesses naturelles qui devient l’un des actifs les plus précieux du monde alors que la crise climatique s’accélère : le Bassin du Congo. Le bassin est le plus grand puits de carbone des forêts tropicales du monde. Il s’agit de la seule forêt tropicale importante dont il reste suffisamment d’arbres pour absorber beaucoup plus de CO2 qu’elle n’en émet. S’étendant sur six pays, avec 60 % de sa forêt en RDC, il séquestre 1,5 milliard de tonnes de CO2 par an grâce à un marais tourbeux qui stocke 29 milliards de tonnes de carbone, soit l’équivalent d’environ trois ans d’émissions mondiales de gaz à effet de serre. Tout en assurant la subsistance de 60 millions de personnes et en abritant 10 000 espèces uniques, dont un tiers ne se trouve nulle part ailleurs sur la planète, le bassin conserve de vastes zones de forêts non perturbées qui ont été activement préservées. Pourtant, cela a eu un coût : un coût qui a été supporté de manière disproportionnée par les Congolais, dont beaucoup vivent dans une extrême pauvreté, et qui n’ont pas bénéficié de l’exploitation des abondantes ressources naturelles de la forêt. Alors que les gouvernements du monde entier forent pour trouver du pétrole et du gaz, souvent financés par des pays développés en quête de sécurité énergétique, pas moins de 77 millions de personnes en RDC n’ont pas accès à l’électricité et près des trois quarts de la population vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. I ‘instabilité et les troubles, alimentés par les activités de groupes armés cherchant à tirer profit du trafic illégal de ressources naturelles, ont frappé la RDC au cours des trois dernières décennies. Ce a des ramifications pour tous les Congolais, inhibant la croissance et empêchant l’amélioration du niveau de vie. Dans ce contexte de fragilité et d’injustice sociale, la préservation du dernier puits de forêt tropicale est un défi compte tenu des cycles de violence et d’extrême pauvreté. Il est urgent d’adopter une approche différente, qui concilie la conservation et la restauration avec un développement durable qui profite aux populations locales. Dans l’est du pays, au milieu de la violence actuelle, un modèle économique transformateur et écologique relève ce défi. Ce modèle, dont l’Alliance Virunga est le pionnier, repose sur le principe de l’exploitation durable des ressources naturelles de la RDC afin de stimuler l’activité économique au profit des communautés locales et avec leur consentement ( ). Grâce à l’énergie renouvelable produite à partir des ressources naturelles du parc national des Virunga et à des mécanismes innovants permettant aux entreprises locales d’y accéder, tels que des prêts sous forme d’électricité, l’Alliance est devenue la plus grande source d’énergie propre dans l’est du Congo et a créé plus de 21 000 emplois au cours des cinq dernières années. Il est important de noter que 11 % de ces emplois ont été occupés par d’anciens membres de milices armées, ce qui permet d’offrir d’autres moyens de subsistance et de créer les conditions nécessaires à la paix et à la prospérité. Ce modèle va maintenant être étendu à l’ensemble du pays, du Kivu à l’est jusqu’à Kinshasa à l’ouest. Le Couloir vert Kivu- Kinshasa couvrira 540 000 kilomètres carrés, dont 108 000 kilomètres carrés de forêt tropicale intacte, soit une superficie équivalente à celle de l’Islande. Il intégrera la conservation et le développement économique vert, formant la plus grande zone protégée du monde et consistant en un réseau de centres économiques basés sur une production agricole durable, alimentée par une énergie renouvelable dérivée du potentiel hydroélectrique du fleuve Congo. Il unira l’est et l’ouest du pays, tout en étouffant les réseaux qui se disputent le contrôle du trafic illégal des ressources naturelles de la forêt et qui en tirent profit.
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